Et sinon, tout va bien à Tokyo ?

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Vous me suivez depuis un moment et vous n’êtes pas sans savoir que je ne vis plus en France mais au Japon. Plus précisément depuis 4 mois. En 7 ans de vie parisienne, j’ai déménagé 4 fois. Avec les chats, sans les chats, sans meubles, avec juste un sac, sans homme, avec homme, sans bébé et avec …

Mais là, autant vous dire tout de suite que j’ai pris la plus grosse claque dans ma gueule de TOUTE ma vie …

Je m’étais préparé un jour a déménager à l’autre bout du monde, à changer totalement de vie, mon quotidien, j’ai recommencé à apprendre l’anglais pour pouvoir le lire et le parler couramment, me dire que dans n’importe quel pays où j’irai, je pourrai me faire comprendre un minimum… Je savais qu’avec le boulot du barbu cela arriverait un jour ou l’autre. Et la BIM, c’était Japon ou Canada. Vous connaissez notre choix ^^ On aime bien se compliquer la vie !

J’avais anticipé que cela risquerait d’être comment dire … Un peu plus dur. Je l’avais vu lors de notre précédent voyage. Après tout ce que l’on m’avait dit sur la vie en général, je me suis dit que bon, rien n’était insurmontable, que les gens ont aussi tendance a tout exagérer ! Je suis partie avec une seule idée en tête : me faire mon propre avis.

Mais alors qu’en est-il 3 mois après ?

Beaucoup disent aimer le Japon, mais c’est surtout l’image qu’ils s’en font. Je pense que l’on pourra beaucoup partager d’avis sur ce pays, mais entre une image reflétée et une réalité plus nuancée, où se trouve le juste milieu ?

3 mois après, je me retrouve entre ces 2 sentiments … Et cela m’a amené à faire ce que l’on appelle un “mal du pays” (ホームシック). Pas juste celui ou ta baguette de pain te manque ainsi que ton bout de fromage (faut pas non plus se dire que sous prétexte que nous sommes à 10 000 km de notre chère France, on ne plus trouver ce qui nous manque. C’est assez cher, mais on peut en trouver) mais plutôt celui que tu ne sais pas vraiment expliquer, celui où tu pleures sans trop savoir pourquoi et n’importe quand, celui qui te fait lever un beau matin sans savoir pourquoi, avec le cœur “comprimé” à ne plus pouvoir respirer (je sais maintenant que c’étaient des crises d’angoisses, de panique …), celui où tu fais revenir ton mari a la maison seulement 1 heure après qu’il soit parti au travail (Barbu si tu me lis, sache que je ne te remercierai jamais assez d’avoir été si patient et compréhensif <3), celui dont tu ne sais pas trop pourquoi cela t’arrive après 3 excellents mois, celui où te te poses des questions sans avoir de réponses … Enfin bref … Finalement celui qui te donne envie de rentrer vite en France …

Alors voila où j’en suis, de retour en France, chez mes parents pour 3 mois et demi. Pour pouvoir me remettre de cet état, pour comprendre mais surtout pour ne pas rater mon expatriation ainsi que celle de mon mari. Maintenant que je me remet petit à petit, je dois dire que je comprend mieux, enfin du moins j’accepte ce qu’il s’est passé. Je ne le vis pas (ou plus) comme un échec mais comme un nouveau départ, le vrai. Il y a 3 mois, j’étais surtout très excitée par cette  grande nouvelle, cette idée de partir, de tout recommencer, de découvrir un nouveau pays, une nouvelle façon de vivre. De quitter Paris … Vite. Que j’en ai peut être oublié que l’on partait dans un pays où TOUT serait vraiment nouveau pour nous. 

Et même si ce renouveau j’en avais vraiment envie, il m’a fait perdre tous mes repères en à peine 24h … Oui, oui en 24h a peine. Et avec cette perte de repères est venu le moment où je me suis posée tout un tas de questions (je ne sais pas pour vous mais mon cerveau ne se met jamais sur pause) : mais combien de temps va t-on rester au japon ? Vais-je perdre mon identité et en adopter une autre ? Suis-je prête à faire des concessions et mettre une partie de moi de coté ? Suis-je prête à ce que mon fils me parle anglais ou japonais et qu’un jour il me demande de visiter “mon pays” ?  Suis-je prête à ne voir ma famille une fois par an ?

Il y a eu plusieurs facteurs déterminants dans ce mal du pays, que j’essaye encore d’analyser. Peut être est ce dû au fait que chaque été depuis 12 ans, je les passe chez mes parents. Peut être est ce dû au fait que mon corps de s’est pas acclimaté à cette chaleur humide (35 degrés avec 90% d’humidité), ou alors que la famille me manquait, ou alors la mort de mon oncle (ne pas être la pour les siens dans ces moments est assez difficile), ou alors de pas être allée voir plus de français, de ne pas vivre la même expatriation au final que mon mari (lui travaillant et moi étant a la maison, on ne vit pas les mêmes choses), l’absence des amis, ne pas avoir trouvé de crèche pour Liam, de ne pas travailler (encore), de pas comprendre le japonais, vivre dans une métropole de 37 millions d’habitants, ou mais aussi cette trop grande différence de culture … Et il y a autant de facteurs possibles et inimaginables, à mettre sur la liste encore …

Une décision difficile à prendre, d’être frustrée d’écourter mon séjour et même peur de briser l’équipe que le Barbu et moi formions. De partir 3 mois et demi, seule avec mon fils. Peur du regard des autres : qu’allaient-ils penser de ce “mal du pays”, du fait que je rentre seule, ou simplement de la pseudo baroudeuse, qui, au premier obstacle, se réfugie chez maman ?

Mais ce qui m’a vraiment poussé dans ce sens là, c’est aussi la réaction de mon fils. Telle une vrai éponge, il reproduisait mon comportement. Je ne pouvais plus faire 2 pas sans avoir droit à un bébé agrippé à moi et à des “maman” incessant alors qu’il n’avait jamais été comme ça. J’ai pris conscience que c’était moi qui lui infligeait “ce mal” et que si je ne me reprenais pas vite en main, c’est lui qui en pâtirait. Et ça, il en été hors de question.

Je pense que dans ce genre de situation, il faut savoir s’écouter, prendre du recul et savoir prendre soin de soi. La vie a l’autre bout du monde est une vie spéciale, mais c’est la vie quand même avec son lot de surprises et de doutes. Le mal du pays peut apparaître au bout de quelques semaines ou mois surtout quand on n’a pas le moral face aux difficultés que l’on peut rencontrer. Et c’est à ce moment là qu’il faut se poser les bonnes questions, se recentrer et réfléchir à ce qui est le mieux pour nous, lui et moi. Et ce qui aide grandement : être conscient de ce qui nous arrive, l’accepter et être fort de ses choix.

Dans mon cas, rentrer fut la meilleure solution.
Ce retour n’est qu’une étape dans notre expatriation. Une étape nécessaire.

(Un autre article viendra compléter ce dernier dans quelques jours)

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11 Commentaires

  • AD_e dit :

    Cette décision n’a pas du être facile. Tu as bien fait. Pour toi et pour ton fils. J’espère que du côté de ton homme ça va aller. Courage à toi.

  • Richard dit :

    Salut,
    Il vous a fallu beaucoup de courage à vous deux pour tout quitter et aller à l’autre bout du monde. Il te faut laisser le temps, ça viendra petit à petit. Quitter sa famille, ses amis, son “pays” n’est jamais facile. Et partir dans un pays qui a partagé assez peu d’histoire avec la notre c’est encore plus compliqué. Je vous admire pour cela.

    Si ça peut t’aider : quand j’ai quitté mon “pays” (la Bourgogne) pour traverser la France, j’ai vécu quelques longs mois d’angoisse, de solitude, de pleurs,… Ma famille, mes amis me manquaient et j’y retournais presque tous les mois…et pourtant les normands parlent (presque) la même langue. Pour ma part j’ai réussi à me sortir de tout cela au bout de quelques mois en me forçant à sortir et rencontrer d’autres individus. Le plus dur au final ce fut de les convertir aux vins de Bourgogne.

    Ça m’a permis de modifier pas mal de mes habitudes, je me suis remis au sport, aux balades, à la cuisine, à sortir, à faire des travaux, à prendre des vacances (!!), à partir en voyage (!!), simplement profiter de la vie. Avec le recul, je m’étais enfermé dans un petit monde avant, dans une bulle.. Quitter tout ceci m’a permis de me redécouvrir, de m’épanouir. Les angoisses provenaient sans doute de la peur de quitter cette bulle.

    Courage, l’angoisse est juste la chrysalide qui retient le papillon :).
    Richard

  • Myam dit :

    Quel article dit donc ! Je l’attendais et je n’ai pas été déçue… ce que tu vis est très difficile et chacun le vivrait à sa propre manière. Il ne faut pas que tu t’inquiètes du regard des gens, oui tu as BESOIN de revenir voir les tiens en France et alors ? Je pense que lorsque tu repartiras ce sera tout autrement et que tu verras les choses autrement… Cette fois il n’y aura plus cette excitation aveuglante qui fera mal quand elle retombera. Tu arriveras, tu auras déjà un chez toi tout aménagé prêt à t’accueillir et tu repartiras dans cette vie nouvelle plus posément. Maintenant tu connais le pays (du moins, plus qu’il y a 3 mois quand il t’a fait perdre tous tes repères !).

    Je te souhaite que le meilleur 🙂
    Cette aventure familiale est quelque chose de fou et c’est tout à fait normal d’en ressentir des effets tels que ce que tu vis.

    Courage ! Ne perd pas confiance en toi surtout !

  • Mamzeldree dit :

    Tu as bien fait de rentrer, et même si cela doit être difficile pour ta relation de couple (je ne suis mariée que depuis 3 semaines, et j’ai déjà du mal à le lacher une journée…), mais c’est pour votre bien à tous.
    Vous avez peut-être sauté dans cette expat’ sans trop réfléchir avant (ça ne veut pas dire remettre en cause l’expat’). Cela a ses bons côtés mais aussi ses mauvais côtés. Selon moi il y a un processus dans le fait de partir ailleurs/loin/ou pas, dans un pays/endroit où tout est différent. Je parle tant de la langue, que de la culture etc. D’abord l’excitation, ensuite les questions, les listes, les remises en question, la décision finale… (pas forcément dans cet ordre). Cette suite permet de vraiment se préparer… pour minimiser la claque.
    Le japon, forcément c’est une claque bien plus grosse encore.
    Ce que j’essaie de dire c’est que toutes ces questions qui te sont apparues comme ça APRES être arrivée, ce n’est pas rien… et tu as dû forcément TOUT assimiler d’un coup. L’expatriation, ça se prépare, à deux, mais aussi personnellement.
    Il y a beaucoup à dire aussi sur l’expat’ “pour suivi de conjoint”. Tu parles de ton mari et de votre expérience de l’expat’ qui est totalement différente. Ça je le comprends tellement ! Mon chéri travaille, dans un univers néerlandophone et il parle déjà très très bien le NL. Son équipe parle EN, mais il apprend, il a + d’interactions que mois avec des locaux. Je bosse de la maison, mais du coup je pourrais “ne jamais sortir” de chez moi. Etc.
    Enfin bref, tout ça pour dire que tu as bien fait de faire une pause, de revenir. L’expat’ ce sont ces moments là aussi ! Prends bien le temps d’identifier ces points qui t’angoissent, pourquoi, comment. Et surtout, dis toi bien que rien n’est définitif et que SI JAMAIS vous en avez marre, vous pouvez toujours revenir. (J’aime bien avec un plan Z, le last, celui qui fait “qu’on-arrete-tout-si-on-en-a-marre lol). C’est sûr ce n’est pas “simple” (rien ne l’est jamais de toutes façons) mais c’est possible ! Tu vas créer de nouveaux rituels avec ta famille également, cela ne vous empêche pas de revenir passer l’été avec eux, peut-être d’abrord toi seule avec ton fils, puis ton mari vous rejoint pour sa période de vacances, etc… Enfin tu vas réussir à mettre le doigt sur ces trucs qui te manquent/vont te manquer, qui t’angoisses etc, tu trouveras des solutions pour y remédier et vivre ton expat’ dans de meilleures conditions.
    Et tu devrais peut-être te rapprocher d’autres expat’, fr ou autres. Pour parler d’expat’, comprendre comment eux se sont habitués au pays, à la culture, etc. Il existe plein de sites qui permettent ce type de mises en relation.
    Bises et surtout bon courage ! 🙂 <3
    Et profite bien de ton été ! 🙂
    Mamzeldree Articles récents…Mes petits plaisirs de JuilletMy Profile

    • J’avais pas mal préparé notre expatriation mais sans vraiment penser a “moi”. J’avais fait des listes pour tout, le petit, le mari, les papiers etc … Mais je n’avais pas pensé a ma personne 😡
      Au japon par contre c’est l’inverse, c’est moi qui ai le plus d’interactions avec les japonais au contraire de mon mari (il bosse dans une boite US dans un environnement EN) et moi je ne vois que des japonais. Mais c’est d’autant plus dur car en fait je ne peux pas vraiment interagir avec eux (ce n’est pas dans leurs coutumes) et je ne peux meme pas prendre des cours de japonais en ayant le petit H24 … Et rien que le parcours pour le mettre en crèche est assez …. complique ! Tu y as droit si les deux parents travaillent, si un des parents ne travaille pas, ils estiment que tu peux très bien le garder … Mais si je veux travailler/trouver un emploi, il faut bien que je le fasse garder. C’est l’histoire du serpent qui se mord la queue … Donc je prend mon mal en patience …

      Pour les expats, soit ils habitent trop loin de chez nous (Tokyo est immense) soit ils sont célibataires (et la quand je dis que je suis maman ça jette un froid) soit ils ne restent pas assez longtemps donc eux s’en fichent de connaitre des gens français ! Apres j’en ai rencontre de biens et l’on verra ce que cela donne mais c’est vrai que le monde des expats la bas est assez différents des autres xD Et ceux qui se sont le plus acclimates ce sont des couples mixtes ! Les couples comme nous, ça ne court pas les rues lol

      Mais quand je reviendrai deja, je n’aurai plus cette sensation d’etre en “vacances” et je pourrai commencer a monter ma boite en auto entrepreneur et commencer a y faire ma vie !
      Miettes de vie Articles récents…Et sinon, tout va bien à Tokyo ?My Profile

  • Ca fait plaisir de te lire. <3 Je te comprends tellement. Quand je suis partie vivre en Irlande, je suis aussi passée par là, et pourtant le dépaysement était moindre en comparaison. Mais au bout de 3 ou 4 mois, du jour au lendemain comme toi, tout à coup je me suis sentie au plus mal, déprimée, avec un besoin incompréhensible de rentrer, tout de suite. Je ne le comprenais pas moi-même, ne me considérant pas comme attachée à ma famille ou mes amis. Je pense que c'était juste le manque de "me sentir chez moi" qui faisait surface. Je suis rentrée deux ou trois semaines et j'ai pu repartir sur de bonnes bases… jusqu'à ce que, comme toi, je vive un décès familial, et là j'ai mis un stop tout net à cette expatriation. Je le regrette parfois maintenant, mais c'était ce qu'il fallait faire sur le moment.
    C'est bien que tu aies cette possibilité de mettre les choses sur pause, de te recentrer durant la durée nécessaire, pour ensuite repartir sur de bonnes bases et vivre ta vie de la meilleure des façons là-bas. 🙂

    • Ça me rassure en fin de compte de savoir que je ne suis pas la seule a avoir ressentie ce genre de chose oO Apres je pense que pour les décès je n’y pourrai rien et je touche du bois que ce ne soit pas direct (puis je me dis que ça va dans l’autre sens aussi, si il m’arrive un truc ma famille l’aura très dur).
      Et puis c’est vrai que la bas, sans avoir nos affaires personnelles, je me sentais plus en vacances que chez moi ! Alors quand je vais y revenir ça ne sera plus pareil vu que nos affaires sont enfin arrivés (après 4 mois quoi …) puis je saurai quand je repartirai, quand mes parents viendront et puis il y aura les chats :p

      (bon tant que je suis sur Toulouse faudra se voir hein)
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  • Emma dit :

    Je suis assez admirative.
    Comprendre qu’on a besoin d’un break, personnellement, je ne sais pas si j’aurai réussi, je trouve cela vraiment bien de reconnaitre ces propres limites.
    C’est juste reculer pour mieux sauter, la prochaine fois sera la bonne <3
    Bon courage à toi et surtout ressource toi bien durant ton séjour en France.
    Bisous

    • Je t’avoue que je me suis étonnée toute seule a comprendre que j’avais besoin d’une coupure … D’habitude, je ne me rends pas compte de ce genre de chose 😡 En tout cas, c’est vrai que quand j’y retournerai, je saurai quoi faire et je pourrai anticiper !
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  • Eugénie dit :

    Je découvre ton blog aujourd’hui, et ton article a été très intéressant à lire.
    L’expatriation c’est dur et c’est différent pour tout le monde. Dans les gens qui m’entourent, il y a eu beaucoup de réactions quant à leurs déracinements. Et un facteur souvent récurrent : quand on s’expatrie dans un pays qu’on ne connait pas bien, qu’on est celui ou celle qui reste à la maison pendant que l’autre peut se construire un nouveau quotidien, et que l’on sent que trouver un boulot ou une occupation qui nous le permettra aussi ne sera pas facile (enfant, barriere de la langue, spécificité de son propre profil…) cela crée souvent des réactions cmme les tiennes, et à raison.
    Tu as bien fait de rentrer quelques mois, avant d’arriver à un point de mal-être qui pourrait vous être fatal à tous les trois. Tu as été courageuse, et peut-être que ton retour en France pourrait te permettre de trouver une façon de t’intégrer plus facilement à ton retour (travail en freelance avec la France, prendre des cours de japonais intensifs sur place, ou les commencer tranquillement en France… ?)

    En tout cas bravo ! Profite de l’été pour souffler et te vider la tête !

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